Vous êtes ici :

- Le pouvoir d'agglomération


Une histoire racontée au travers de cinq grands chapitres

Ce chapitre évoque l’affirmation politique de la Communauté Urbaine à partir des années 1980. Alors que le concept de « développement local » prend son essor, l’institution communautaire est appelée à jouer un rôle accru dans le pilotage du développement de l’agglomération.

Au tournant des années 1980, alors que la crise économique s’installe en France, et face à laquelle les politiques étatiques vont se révéler impuissantes, le concept de « développement local » va prendre son essor. Il appelle une amplification du rôle de l’institution communautaire dans le pilotage du développement de l’agglomération. Cette évolution empruntera plusieurs chemins complémentaires qui seront tour à tour évoqués ici et dans les prochains épisodes : la prise en main directe de la compétence urbanisme par la Communauté Urbaine ; une réappropriation de la réflexion stratégique sur le devenir de l’agglomération ; le lancement de plusieurs grands projets urbains ; la réaffirmation d’une ambition internationale.

L’histoire va montrer que l’affirmation de la Communauté Urbaine ne va pas de soi, qu’elle ne se décrète pas. La création de la Communauté Urbaine ne donne pas lieu à la mise en place instantanée d’un pouvoir d’agglomération et il faudra de longues années pour que l’institution communautaire soit davantage qu’un outil d’équipement des communes et un relais de financement des politiques d’aménagement définies par les services de l’Etat. Construire une réflexion sur l’intérêt d’agglomération, prendre des décisions au nom du développement futur de l’ensemble du territoire communautaire, se donner les moyens de conduire de véritables politiques d’agglomération demandent une configuration politique favorable. Pour trouver la bonne recette, différents ingrédients ont été réunis: leadership politique, esprit de conciliation et de compromis, expertise d’agglomération, etc.

La Communauté Urbaine « prend la main » en matière d’urbanisme

Les élections de 1977 amènent aux responsabilités une nouvelle génération d’élus qui entend faire de l’institution communautaire un acteur de premier plan du développement de l’agglomération. La première marche à gravir sera celle de l’urbanisme en donnant à la COURLY les moyens d’exercer véritablement les compétences qu’elle détient dans ce domaine d’intervention décisif. Renforçant son expertise interne et externe, la Communauté Urbaine entre dans l’ère de l’aménagement.

Dès sa création en 1969, la Communauté Urbaine se voit transférée différentes compétences en matière d’organisation et d’aménagement de la ville : plan directeur d’urbanisme intercommunal, création et aménagement des Zones d’Aménagement Concerté (ZAC), constitution de réserves foncières. Mais elle n’a pas la capacité technique de les assumer immédiatement. Hormis l’action foncière, les autres domaines d’intervention évoqués relèvent encore à l’époque des services de l’Etat ou d’organismes sous leur influence. Autrement dit, en matière d’urbanisme, la Communauté Urbaine ne peut pas compter sur l’apport d’un savoir-faire et d’une expertise préexistants au sein des communes comme dans le cas des services urbains par exemple. Durant sa première décennie d’existence, l’institution communautaire n’a pas la maitrise des leviers du développement urbain.

La constitution de compétences de maitrise d’ouvrage au sein de la Communauté Urbaine sera très progressive : amorcée au début des années 1980 avec l’urbanisme opérationnel, elle se poursuivra jusque dans les années 1990 en s’élargissant à l’urbanisme réglementaire et aux grandes politiques urbaines (habitat, déplacements, etc.).

De la planification de l’espace au projet d’agglomération, Lyon invente une nouvelle manière de faire de la prospective urbaine

En 1979, la parution des « Trentes Glorieuses » de Jean Fourastié sonne la fin d’une époque de prospérité exceptionnellement continue et vigoureuse pour la France, et l’entrée dans une période de crise économique et sociale dont la sortie apparait bien incertaine. Au début des années 1980, la croissance du PIB descend en dessous de la barre des 2% et le chômage atteint les 8%. La puissance publique est plongée dans un certain désarroi. L’avenir ne va plus de soi, il est à construire. L’échec des politiques étatiques et la décentralisation des responsabilités qui en découle vont conduire les collectivités locales à prendre en main le développement de leur territoire. Désormais compétentes pour l’élaboration et la mise en œuvre des documents de planification urbaine, elles sont appelées à se construire par elles-mêmes une vision de l’avenir en lieu et place de celle proposée (imposée ?) jusqu’ici par l’Etat.

En lançant l’élaboration d’un nouveau Schéma Directeur dès 1984, l’agglomération lyonnaise sera l’une des premières en France à s’engager dans cette voie. Mais, devant la crise de la « planification à la française », il s’agit ni plus ni moins d’inventer une nouvelle méthode de planification urbaine. La démarche « Lyon 2010 » sera ainsi la première concrétisation d’une volonté d’envisager l’avenir de l’agglomération au travers d’un « projet » de développement. Les démarches ultérieures – Millénaire3, Lyon 2020 et Scot – viendront actualiser ce projet et ajouter leur pierre à la construction d’un véritable modèle lyonnais de prospective urbaine.

Les grands projets urbains, de la Part-Dieu à La Confluence

Affermissant progressivement ses compétences de maitre d’ouvrage en matière d’urbanisme, engageant une réflexion de fond sur le développement futur de l’agglomération, le pouvoir communautaire dispose à partir des années 1980 de tous les éléments nécessaires au lancement de « grands projets urbains ». Symboles par excellence de l’aménagement urbain par leur envergure spatiale et leur dimension architecturale, les grands projets urbains figurent aussi parmi les leviers de changement les plus puissants qui s’offrent au décideur public, par la synergie des politiques publiques et des stratégies d’acteurs privés qu’ils suscitent.

Après l’opération fondatrice de la Part-Dieu (1971-1977), largement orientée par les analyses et les préconisations des services de l’Etat, la Communauté Urbaine va lancer plusieurs projets d’aménagement particulièrement ambitieux : Gerland, Cité Internationale, Carré de Soie, Confluence pour ne citer que les plus importants. Ancrés dans des espaces à forts potentiels, ces projets témoignent de la vision stratégique et des moyens d’action que s’est donnée la Communauté Urbaine.

L’agglomération retrouve une ambition internationale

L’ambition internationale de l’agglomération lyonnaise manifeste la prise de conscience par les acteurs du territoire de la nécessité de replacer l’agglomération dans un cadre plus large. Au moment même où le local gagne sa liberté de décision et son autonomie d’action grâce à la décentralisation, il se voit projeté dans le maelström global de la construction européenne et de la mondialisation économique. Désormais, il parait vital pour l’agglomération lyonnaise de se penser comme une métropole à vocation non seulement régionale mais aussi et surtout européenne.

Ce souffle nouveau en faveur de l’ouverture au monde ne va plus quitter la métropole. Il va inspirer la mise en place progressive de tout un éventail de politiques destinées à amplifier l’attractivité et le rayonnement de Lyon.

Chroniques

Une volonté qui s’affirme depuis les années 1980 : (re)donner à Lyon sa dimension internationale

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE, Henri CHABERT et Michel RIVOIRE.


Une première préoccupation : consolider les infrastructures permettant à Lyon d’être ouverte sur le monde

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE et Henri CHABERT.


Des années 1980 au début des années 2000 : les efforts en faveur de l’implantation de grands organismes nationaux et internationaux

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE, Christophe CIZERON et Jean-Marc ROUMILHAC.


1987-2000 : l’arrivée des Ecoles Normales Supérieures symbolisent la volonté de renforcer les forces universitaires de l’agglomération lyonnaise

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE et Jean-Marc ROUMILHAC.


La fin du 20ème siècle célèbre la culture lyonnaise

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE, Henri CHABERT et Jean-Pierre CHARBONNEAU.


L’entame du 21ème siècle donne une importance nouvelle aux relations aux relations internationales de la métropole lyonnaise

11 janvier 2010

L'agglomération retrouve une ambition internationale. Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE, Christophe CIZERON, Jean-Michel DACLIN, Patrick LUSSON et Jacques MOULINIER.


Ressources