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- Les grandes politiques communautaires


Une histoire racontée au travers de cinq grands chapitres

Ce chapitre est consacré à l’élargissement et à l’évolution des grandes politiques d’agglomération des années 1980 à 2010 suite à l’élaboration du Schéma Directeur Lyon 2010 et à l’élection de Michel Noir : habitat, déplacements, écologie et développement durable, développement économique et développement social.

Les politiques d’aménagement urbain, creuset de la fabrique de la ville

Depuis l’enjeu fondateur de la reconquête du centre de l’agglomération dans les années 1970, les politiques d’aménagement n’ont cessé de se transformer pour répondre à de nouveaux enjeux et mieux intégrer les autres politiques d’urbanisme.

L’histoire urbaine montre que l’action d’aménager la ville met en jeu un double mouvement d’extension et de renouvellement. Selon les opportunités, les nécessités et les réflexions du moment, l’aménagement urbain met l’accent tantôt sur la périphérie, tantôt sur la ville constituée pour répondre aux besoins de développement des agglomérations humaines. Ainsi, la période des trente glorieuses a été le théâtre d’une accélération sans précédent de la consommation d’espace comparativement à la croissance démographique. A l’inverse, la période suivante, bien que marquée par une périurbanisation moins intense mais toujours plus diffuse, semble mettre l’accent sur le réinvestissement des tissus urbains existants.

L’agglomération lyonnaise va connaitre cet effet de balancier à partir du moment où le mouvement d’extension urbaine des années 1960 et 1970 va apparaitre comme une menace pour le devenir de la ville historique. L’impératif de reconquête, de requalification et de patrimonialisation de la ville existante va devenir un leitmotiv des politiques d’aménagement urbain et concerner différents secteurs de la ville au fil du temps, depuis le centre-ville dans les années 1980 aux espaces publics depuis les années 1990 en passant par les nouveaux quartiers périphériques eux-mêmes (ZUP) à partir des années 1980.

A partir des années 1990, l’élargissement du portefeuille d’intervention de la Communauté Urbaine en matière d’urbanisme (habitat, déplacement, écologie, etc.) va progressivement mettre au premier plan non plus des espaces spécifiques de l’agglomération mais des principes d’action transversaux : recul de la voiture, mixité sociale, etc.Pour répondre aux défis du développement durable, le Grand Lyon s’efforce de mettre en synergie ses politiques d’urbanisme, en particulier dans l’acte d’aménagement.

Avec les témoignages de Marc BONNEVILLE, François BREGNAC, Jean-Charles CASTEL, Henri CHABERT, Jean-Pierre CHARBONNEAU, Patrick CLANCY, Fabienne CRESCI, Bruno DUMETIER, Jean FREBAULT, Catherine GRANDIN-MAURIN, Régis MAIRE, Michel NOIR, Jean-Claude QUEVREUX, Franck SCHERRER, Michel RIVOIRE, Annie TARDIVON, Corinne TOURASSE

Les politiques de la ville et de l’habitat : donner la même qualité de vie à tous les quartiers et à tous les habitants

Ces deux politiques évoluent de concert pour assurer une même qualité de vie et une égalité des chances à tous les quartiers et tous les habitants de l’agglomération.Autre domaine d’intervention investi par la Communauté Urbaine à partir des années 1980 et surtout des années 1990, le développement social et l’habitat renvoient à des problématiques qui vont émerger peu après la création de l’institution communautaire. En effet, au tournant des années 1970, la France est toujours aux prises avec une crise aiguë du logement tant en termes quantitatif que qualitatif. D’une part, l’exode rural, le baby-boom et la décolonisation génèrent des besoins sans précédents. D’autre part, les destructions des deux conflits mondiaux ont aggravés le déficit de logements urbains que connait la France depuis la révolution industrielle, tandis que l’absence d’investissement au début du 20è siècle a entrainé une dégradation avancée du parc ancien. Cette situation d’urgence va conduire l’Etat à intervenir de façon particulièrement volontariste dans un domaine qui relevait jusqu’ici de la sphère privée : le logement. Créée par décret en décembre 1958, la procédure d’urbanisme opérationnel des « Zones à Urbaniser en Priorité » (ZUP) va ainsi permettre la création ex-nihilo de quartiers nouveaux à la périphérie des agglomérations. Ces « grands ensembles » de logements constituent également un progrès incontestable en matière de confort et de mixité sociale.

Toutefois, ce modèle des ZUP va rapidement montrer ses limites. Ces quartiers vont entrer en crise au moment même où ils laissent entrevoir la fin de la pénurie de logements. Offrant une réponse massive à la crise quantitative, ils vont être pris à contre-pied par la question qualitative du mode d’habitat. Caractérisées par une architecture très standardisée (le « chemin de grue »), avec une sur-représentation de l’habitat social et un déficit d’équipements, les ZUP apparaissent progressivement comme une simple étape dans un parcours résidentiel dont l’aboutissement s’oriente désormais vers la maison individuelle. Alors que les classes moyennes rejoignent ce nouvel eldorado, les grands ensembles s’enfoncent dans une spirale de paupérisation et de dégradation. Avec les premières émeutes dans les banlieues au début des années 1980, on prend conscience que la crise de l’habitat et la crise sociale se sont substituées à la crise du logement.

Les difficultés des grands ensembles vont susciter la mise en place de plusieurs dispositifs d’action publique oscillant entre traitement des lieux et accompagnement des habitants. D’abord portés par l’Etat et les communes, ceux-ci vont être progressivement appropriés par la Communauté Urbaine qui se lance dans l’aventure de la politique de la ville à partir des années 1980. Après plusieurs décennies d’efforts, les progrès constatés ici et là n’ont cependant pas encore permis de réinsérer complètement ces quartiers dans la ville.

Par ailleurs, le tournant du 21è siècle sonne le retour de la question du logement. Depuis la fin des années 1970, les acteurs du logement s’accordaient pour dire que le rattrapage de l’offre sur la demande était acquis et que la construction neuve devait simplement accompagner l’accroissement du nombre de ménage et renouveler le parc obsolète. Les difficultés des quartiers d’habitat social et le retournement du marché immobilier au début des années 1990 ont conduit à mettre l’accent sur la réhabilitation du parc de logement plutôt que sur son extension. Mais la montée du discours sur le mal logement, l’ajustement à la hausse des projections démographiques de l’INSEE et le renchérissement des prix du marché de l’immobilier vont convaincre les acteurs publics et privés de la nécessité de construire davantage de nouveaux logements. C’est l’un des principes directeur du nouveau Plan Local de l’Habitat adopté en 2007 par le Grand Lyon.

Avec les témoignages de Jean-Pierre CHARBONNEAU, Maurice CHARRIER, Bruno COUTURIER, André GACHET, André GERIN, Catherine GRANDIN-MAURIN, Rachel MIGNARD, Michel NOIR, Rémi NOUVEAU, Bruno POLGA, Jean-François RAJON, Christine SERVILLAT, Bruno VOISIN

La mobilité dans la ville : du tout voiture au renouveau des modes de déplacement alternatifs

Les déplacements constituent un domaine d’intervention investi par la Communauté Urbaine à partir des années 1990. Une fois encore, les enjeux qu’il recouvre trouvent leurs racines dans la période des trente glorieuses qui a vu naitre l’institution communautaire. En effet, la vague automobile qui a déferlé sur l’agglomération lyonnaise dans les années 1960 et 1970 aura une influence profonde sur l’évolution des problématiques et politiques urbaines en matière de mobilité urbaine. Et une fois encore, il semble que ce qui est apparu comme un progrès à un moment donné – les grands ensembles dans le domaine de l’habitat, l’essor de l’« automobilité » dans le cas présent – ait donné naissance à de nouveaux problèmes. En ouvrant large ses portes à la circulation automobile, l’agglomération s’est exposée au risque d’une paralysie totale de son centre.

La prise de conscience de cette menace grandissante va donner lieu au (re)développement de solutions de déplacement alternatives à l’automobile. Dans les années 1970, l’arrivée du métro va inaugurer, après une période de disette, le réinvestissement des transports en commun dans l’agglomération. La décennie suivante orchestre la décentralisation de la gestion des transports en commun et, plus généralement, de la définition d’une politique globale des déplacements urbains. Mais cette dernière ne va pas de soi, et c’est bien pour la faire progresser que la Communauté Urbaine de Lyon se dote en 1990 d’une mission déplacement. C’est toutefois au Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (Sytral) que reviendra la responsabilité de l’élaboration du premier Plan de Déplacements Urbains (PDU) de l’agglomération entre 1995 et 1997. S’il fait la part belle aux transports en commun, ce dernier fait cependant tomber le tabou de l’automobile dans la ville. En faisant le choix de la réintroduction du tramway, il affirme l’idée que les voiries d’agglomération ne sont plus la chasse gardée de la voiture. Cette évolution fait écho avec la mise en service totale de l’A46 au début des années 1990 : en écartant les trafics de transit de l’agglomération, elle tourne le dos à l’héritage de l’autoroute dans la ville. Les années 2000 consolident les orientations prises jusque-là tout en nuançant la priorité donnée aux transports en commun. D’autres modes de déplacements alternatifs – vélos, marche à pied, covoiturage, auto-partage – font désormais l’objet de politique de développement volontaristes.

C’est finalement la contribution des politiques de déplacements à l’édification d’une ville plus durable qui se trouve interrogée. Au vu de l’ampleur des enjeux de développement économique, d’égalité des chances et de préservation de l’environnement qu’elle soulève, la question de la mobilité urbaine constitue une dimension fondamentale de la définition de principes d’urbanisme durables.

Avec les témoignages de Jean-Charles CASTEL, Bruno CHARLES, Fabienne CRESCI, Catherine DAVID, Bruno DUMETIER, Sébastien GARDON, François GINDRE, Olivier LEDRU, Marie-Noëlle MILLE, Christian MONTES, Michel NOIR, Christian PHILIP, Valérie PHILIPPON-BERANGER, Jean-Claude QUEVREUX, Patricia VARNAISON-REVOLLE, Gilles VESCO, Michèle VULLIEN, René WALDMANN

Quand l’écologie urbaine inaugure le développement durable

Au tournant des années 1990, la Communauté Urbaine va se saisir de la question de l’impact des activités humaines sur l’environnement pour en faire un nouveau champ des politiques d’agglomération. Cette évolution peut apparaitre bien tardive dans la mesure où cette problématique est apparue dans le débat public dès les « trente glorieuses ». Une première explication réside dans le fait que la gestion de l’environnement ne figurait pas parmi les compétences fondatrices de l’institution communautaire. Par ailleurs, les villes sont longtemps restées à l’écart des premières générations de politiques environnementales qui relevaient davantage de réglementations nationales et de logiques de préservation des espaces dits naturels.

L’agglomération lyonnaise sera l’une des premières en France à s’en saisir. Cette démarche connaitra deux grandes phases. Durant les années 1990, le Grand Lyon adopte une charte de l’écologie urbaine au travers de laquelle il développe une approche « écosystémique » de l’agglomération, attirant l’attention sur la manière avec laquelle sont gérés ses ressources naturelles, ses flux de déchets, ses risques, etc. Au tournant des années 2000, le concept de développement durable prend son essor et promeut une approche plus transversale des politiques communautaires, sous l’angle de leur contribution aux progrès économique, social et environnemental de l’agglomération.

En se dotant d’une mission « écologie urbaine » dès 1990, la Communauté Urbaine va faire de Lyon une agglomération pionnière de l’action locale en faveur de la préservation de l’environnement. Elle développe alors une vision écologique de l’agglomération : un écosystème dont il s’agit de préserver l’intégrité, en gérant de façon responsable ses ressources, ses flux, ses rejets, ses risques. Cette approche sera formalisée par une charte de l’écologie urbaine dont l’application concernera surtout le patrimoine environnemental de l’agglomération (fleuves et espaces naturels) et la gestion des services urbains (eaux, déchets, voirie).

La fin des années 1990 va inscrire la question environnementale dans une problématique plus large, celle du développement durable. Dans la foulée du projet d’agglomération « 21 priorités pour le 21ème siècle », le Grand Lyon se lance dans l’élaboration de son premier Agenda 21 qui sera adopté en 2005. Interrogeant la contribution de l’ensemble des politiques communautaires au développement durable du territoire, cette démarche va permettre à l’institution communautaire de donner des objectifs plus transversaux à son action. Répondant à l’une des principales orientations de l’agenda 21, la démarche Plan Climat est ensuite lancée pour définir la participation de l’agglomération lyonnaise à la lutte contre le changement climatique que certains décrivent comme “l’enjeu du siècle”.

Avec les témoignages de Jean-Charles CASTEL, Bruno CHARLES, Pierre CREPEAUX, Fabienne CRESCI, Coralie ECHINARD, Nadia MABILLE, Marie-Noëlle MILLE, Michel NOIR, Michel REPELLIN, Franck SCHERRER, Yves VERILHAC, Jacky VIEUX, Jean VILLIEN

 

Le Grand Lyon s’invente « développeur économique »

L’institution communautaire s’attaque ici à un domaine éminemment symbolique et stratégique pour Lyon tant l’identité de cette dernière apparait intrinsèquement liée à sa dynamique économique. En effet, de longue date, les milieux économiques lyonnais ont su imprimer leur marque sur le destin de la capitale des Gaules par leur capacité à convaincre le pouvoir local de l’importance prééminente de l’intérêt économique du territoire et à prendre en main la promotion de ce dernier. L’histoire de la Communauté Urbaine montre que l’activisme des milieux économiques et leur proximité avec les élites politiques restent prégnants à l’époque contemporaine.

Fondée en 1705, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCIL) s’est longtemps acquittée seule de la gestion des questions relevant du développement économique de la région lyonnaise. Au début du 20ème siècle, elle s’illustre notamment par l’organisation de grands évènements commerciaux et médiatiques comme l’exposition universelle. Le poids de la CCIL se renforce encore au sortir de la seconde guerre mondiale lorsqu’elle devient l’un des principaux opérateurs de l’aménagement et de la promotion des zones industrielles et d’un certain nombre de grandes infrastructures de la région. Le développement économique ne deviendra un enjeu politique d’agglomération qu’à partir du moment où les initiatives prises jusqu’alors par les milieux économiques lyonnais vont être contrariées par la montée en puissance des politiques étatiques durant l’après-guerre. En créant conjointement l’Agence de développement de la région lyonnaise (ADERLY) en 1974, les décideurs politiques et économiques lyonnais affirment en effet leur volonté de garder la maitrise du devenir économique du territoire en institutionnalisant et en amplifiant les actions de développement économique définies et conduites par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCIL).

L’arrivée en 1989 de Michel Noir à la présidence de la Communauté Urbaine va remettre en question ce leadership de la CCIL. Sous l’impulsion de son nouveau président, l’institution communautaire va se doter de deux nouveaux services dédiés au développement économique. Ceux-ci vont lui permettre, d’une part, de consolider son rôle d’aménageur de sites à vocation économique qu’elle avait inauguré dans les années 1980 à travers l’opération d’aménagement de Gerland et, d’autre part, de développer sa propre expertise du développement de l’économie lyonnaise. A un moment où la mondialisation de la concurrence tend à donner une importance croissante aux ressorts territoriaux de la compétitivité économique (entrepreneuriat, enseignement, recherche, innovation), les successeurs de Michel Noir – Raymond Barre et Gérard Collomb – ne vont avoir de cesse d’étoffer et affirmer la vision stratégique et l’intervention directe du Grand Lyon en la matière. Toutefois, si les milieux économiques n’ont plus le leadership de la politique de développement économique métropolitaine, ils conservent l’écoute attentive des décideurs politiques.

Avec les témoignages de Paul BOINO, Marc BONNEVILLE, Emmanuel CELLIER, Henri CHABERT, Christophe CIZERON, Pierre DUCRET, Marie-Emmanuelle FREOUR, Philippe GILLET, Bernard JOUVE, Jean-Louis MEYNET, Jacques MOULINIER, Michel NOIR, François PAYEBIEN, Jean-Marc ROUMILHAC, Pierre-Yves TESSE

Chroniques

1974, la Communauté Urbaine, la CCI et le MEDEF de Lyon créent l’Agence de Développement de la Région Lyonnaise (ADERLY)

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages de Jean-Marc ROUMILHAC et Pierre-Yves TESSE.


1984-1986, l’ADERLY élabore un Plan d’Action Technopole, la Communauté Urbaine prend en charge l’aménagement du site de Gerland

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages de Jean FREBAULT, Jean-Marc ROUMILHAC et Pierre-Yves TESSE.


1990-1993, le Grand Lyon prend en main la compétence « développement économique » : création de la Mission Développement Economique et de la Direction des Affaires Economiques et Internationales

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages de Pierre DUCRET, Jacques MOULINIER, Michel NOIR, François PAYEBIEN, Jean-Marc ROUMILHAC et Pierre-Yves TESSE.


1998, le Grand Lyon affirme son soutien aux filières d’excellence de l’économie lyonnaise en relançant le Plan Technopole

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages de Jean-Louis MEYNET, Jacques MOULINIER et François PAYEBIEN.


1997-2001 : l’élaboration du Schéma de Développement Economique portée par l’Agence d’urbanisme se fonde sur une large participation des acteurs économiques

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages d'Emmanuel CELLIER, Henri CHABERT, Jean-Louis MEYNET et François PAYEBIEN.


2003, avec le lancement de la démarche « Grand Lyon, l’Esprit d’Entreprise », la Communauté Urbaine se pose en chef de file de la gouvernance économique de l’agglomération

1 janvier 2012

Le Grand Lyon s’invente "développeur économique". Avec les témoignages d'Emmanuel CELLIER, Jean-Louis MEYNET, François PAYEBIEN, Jean-Marc ROUMILHAC et Pierre-Yves TESSE.


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