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Dès le milieu des années 1970 s’amorce la descente aux enfers des ZUP


Au tournant des années 1970, les ZUP sont encore le lieu du progrès social et d’une certaine mixité sociale. De nombreux ménages, de classes moyennes et plus populaires, accèdent à de beaux logements aux grandes baies vitrées et dotés de toilettes et de salle de bains. Parce que l’accès à ce confort moderne est encore un enjeu pour une large gamme de couches sociales, particulièrement pour les jeunes ménages, le nouveau parc HLM est encore loin de concentrer les ménages défavorisés. Pourtant, dès la première moitié des années 1970, les services de l’Etat relèvent une dégradation de la situation sociale, économique et urbaine dans ces grands quartiers d’habitat social. Trois phénomènes laissent en effet augurer d’un devenir difficile pour ces derniers.

Ces quartiers vont tout d’abord connaître de grandes modifications sociologiques avec le départ des classes moyennes vers le rêve de la maison individuelle. Elles sont encouragées en cela par la loi Barre de réforme du financement du logement de 1977 qui rompt avec la politique du logement social pour promouvoir l’aide personnalisée au logement pour l’accession à la propriété. Ces départs vont libérer de nombreux logements qui vont être attribués, d’une part, aux ménages plus défavorisés qui n’avaient pu jusqu’ici accéder au logement social et, d’autre part, aux familles des travailleurs immigrés isolés dont l’arrivée est autorisée par le président Giscard. Par ailleurs, ces nouvelles populations vont être heurtées de plein fouet par la fin des trente glorieuses. Elles seront les premières victimes du recul de l’emploi. Ainsi, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, ces quartiers vont désormais concentrer une population majoritairement issue de l’immigration, de faible niveau économique et de plus en plus touchée par le chômage. De plus, construits à la hâte, les grands ensembles vont rapidement montrer des signes de vieillissement et de dysfonctionnement : mauvaise qualité de conception des logements, services publics insuffisants, faiblesse des aménagements des espaces extérieurs, etc.

Un cercle vicieux de paupérisation et de relégation de ces quartiers s’enclenche alors. La vacance explose dès la fin des années 1970 et rend plus difficile l’entretien du parc de logement et des espaces extérieurs. La politique d’attribution ne cherchera pas à infléchir la spécialisation sociale et la stigmatisation de ces quartiers en y concentrant les familles en grande difficulté. Enfin, on observe des difficultés croissantes de cohabitation entre les « français » qui ne peuvent ou ne veulent quitter ces quartiers et les populations immigrées, alors même que le départ des classes moyennes ou intermédiaires va fortement fragiliser la vie associative et militante du quartier.

Récit en images de la dégradation de la situation dans les ZUP

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Conception, réalisation et images : Vartan Ohanian

 

La construction des grands ensembles, processus inachevé

Jean-François RAJON : Directeur général de Logirel (bailleur HLM privé) de 1978 à 2002.

 

Bruno VOISIN : Assistant d’études au sein de différents bureaux d’études en sociologie urbaine dans l’agglomération lyonnaise de 1972 à 1979 – entre à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise en 1980 – chargé d’opération Habitat et Vie Sociale (HVS) pour le quartier des Minguettes à Vénissieux jusqu’en 1984 – chargé d’études sur les diagnostics Développement Social Urbain (DSQ) des grands quartiers sociaux de l’agglomération jusqu’en 1989 – chef de projet Développement Social Urbain sur le quartier de la Duchère à Lyon jusqu’en 1994 – chargé de mission sur les questions de politique de la ville et de l’habitat, d’usages des espaces publics à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise.

 

Christine SERVILLAT : Entre à la Communauté Urbain en 1985 – Chef de projet DSQ pour les quartiers de la Duchère, Mermoz et des Etats-Unis à Lyon jusqu’en 1989 – Chef de projet DSU pour le quartier des Pentes de la Croix-Rousse à Lyon jusqu’en 1991 – Urbaniste territorial sur le secteur Val de Saône jusqu’en jusqu’en 1996 et de 1997 à 2000 – Responsable de la mission Vaise jusqu’en 1997 – Responsable du secteur Nord à la mission coordination territoriale

1972, la création du Plan Construction doit permettre de trouver une alternative aux grands ensembles. 

Pour un habitat nouveau - 1973 (15.16 min.)

A retrouver sur www.ina.fr

 

Avec le départ des classes moyennes, vers une spécialisation sociale du peuplement des ZUP

Bruno VOISIN : Assistant d’études au sein de différents bureaux d’études en sociologie urbaine dans l’agglomération lyonnaise de 1972 à 1979 – entre à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise en 1980 – chargé d’opération Habitat et Vie Sociale (HVS) pour le quartier des Minguettes à Vénissieux jusqu’en 1984 – chargé d’études sur les diagnostics Développement Social Urbain (DSQ) des grands quartiers sociaux de l’agglomération jusqu’en 1989 – chef de projet Développement Social Urbain sur le quartier de la Duchère à Lyon jusqu’en 1994 – chargé de mission sur les questions de politique de la ville et de l’habitat, d’usages des espaces publics à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise.

 

Jean-François RAJON : Directeur général de Logirel (bailleur HLM privé) de 1978 à 2002.

 

André GACHET : Permanent de la Cimade (association de solidarité avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile) à Lyon jusqu’en 1979 – Membre fondateur et chargé de mission de l’association Action pour l’Insertion sociale par le logement (ALPIL) – Président de la Fédération des associations pour la promotion et l’insertion par le logement (FAPIL) de 2000 à 2008.

 

André GERIN : Maire de Vénissieux depuis 1985 ; Conseiller communautaire de 1985 à 2007 ; Vice-président de la Communauté urbaine de 2001 à 2006 (en charge de la sécurité et de la tranquillité publique).

 

Christine SERVILLAT : Entre à la Communauté Urbain en 1985 – Chef de projet DSQ pour les quartiers de la Duchère, Mermoz et des Etats-Unis à Lyon jusqu’en 1989 – Chef de projet DSU pour le quartier des Pentes de la Croix-Rousse à Lyon jusqu’en 1991 – Urbaniste territorial sur le secteur Val de Saône jusqu’en jusqu’en 1996 et de 1997 à 2000 – Responsable de la mission Vaise jusqu’en 1997 – Responsable du secteur Nord à la mission coordination territoriale.

 

Des difficultés d’intégration pour la population d’origine étrangère ?

Bruno POLGA : 1er adjoint au Maire de Saint-Priest de 1977 à 1983, Maire de Saint-Priest de 1983 à 2003, Conseiller communautaire de 1983 à 2008, Vice-président de la Communauté Urbaine de 1995 à 2008 (en charge successivement de l’eau et de l’assainissement, de l’habitat, de la propreté).

 

Bruno VOISIN : Assistant d’études au sein de différents bureaux d’études en sociologie urbaine dans l’agglomération lyonnaise de 1972 à 1979 – entre à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise en 1980 – chargé d’opération Habitat et Vie Sociale (HVS) pour le quartier des Minguettes à Vénissieux jusqu’en 1984 – chargé d’études sur les diagnostics Développement Social Urbain (DSQ) des grands quartiers sociaux de l’agglomération jusqu’en 1989 – chef de projet Développement Social Urbain sur le quartier de la Duchère à Lyon jusqu’en 1994 – chargé de mission sur les questions de politique de la ville et de l’habitat, d’usages des espaces publics à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise.

 

1981, la cohabitation au sein des grands ensembles fait débat

Maître George Pau Langevin, avocat du MRAP, sur la cohabitation et les préjugés sur les "gens à difficultés"

A retrouver sur www.ina.fr