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Vers la ville durable : mieux articuler politique de déplacements et politique d’urbanisation pour agir simultanément sur l’offre et la demande de mobilité


Les quarante dernières années ont montré que la capacité de la politique des déplacements à maitriser la mobilité urbaine dépend largement de la forme de la ville et que cette relation était à double sens. La période du « tout automobile » a conduit à une dilatation de l’espace urbanisé le long des nouveaux axes routiers. Cette évolution se traduira in fine par une augmentation considérable sur la demande de mobilité entre le centre et la périphérie de l’aire urbaine de Lyon. Mais dans le même temps, la densité et la complexité des tissus urbains anciens feront obstacle à la croissance indéfinie de la circulation automobile. Si bien que c’est la saturation des voiries du centre-ville et sa densité de population qui justifieront le réinvestissement des transports en commun, et notamment l’arrivée du métro, à partir des années 1970.

Alors que l’impératif du développement durable fait de la réduction de l’« empreinte carbone » des déplacements urbains une priorité, la recherche d’une meilleure articulation entre la politique des déplacements et les autres politiques d’urbanisme (droit des sols, habitat, commerces, etc.) apparait aujourd’hui comme un levier d’action majeur. Débattue dès le début des années 1980 à l’occasion du colloque « urbanisme, déplacements, transports » organisé à Lyon, cette approche s’est longtemps focalisée sur le développement d’infrastructures lourdes de transports en commun (métro puis tramway) le long des axes de déplacements les plus densément peuplés de l’agglomération. La volonté d’accentuer le report modal de la voiture vers les transports en commun sur ces axes n’a cessé de s’amplifier jusqu’à aujourd’hui. Si la modification du partage de la voirie au profit des transport en commun a permis des avancées significatives, les marges de progrès semble aujourd’hui résider dans un meilleur couplage entre l’extension des réseaux et la localisation des nouveaux logements, commerces et bâtiments à vocation économique. Comme le préconise le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) de l’agglomération lyonnaise, il s’agit de favoriser l’utilisation des transports en commun en concentrant l’urbanisation dans des secteurs déjà ou bientôt desservis. Mais différents observateurs estiment aujourd’hui qu’il faut aller plus loin et agir aussi et surtout sur le niveau de la demande.

Le SCOT propose deux pistes en ce sens qui restent à mettre en musique à l’avenir. Il s’agit tout d’abord de poser la question de l’inversion de la tendance à la dédensification de la ville : comment assurer le portage foncier d’une redensification des tissus urbains ? Est-il possible de concevoir des formes d’habitat à la fois plus compactes et agréables à vivre ? La densification doit-elle également s’appliquer les espaces destinés aux entreprises ? Au-delà, la réduction des distances parcourues peut également provenir d’un rapprochement des emplois et des services à la population des lieux d’habitat. Le renforcement des fonctions assurées par les polarités secondaires au sein de l’agglomération, et plus largement à l’échelle de l’aire urbaine, pourrait ainsi permettre de recoller les morceaux de la ville éclatée.

L’interface Urbanisme-Déplacements, le cheminement d’une idée

Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992

Patricia VARNAISON-REVOLLE : Chargé de projet au Sytral de 1989 à 1995 – Chargé d’études au Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) jusqu’en 2000 – Responsable du groupe politique de déplacement au Centre d’Etudes Techniques de Lyon jusqu’en 2006 – Chef du département déplacements durables du CERTU depuis 2006

Michèle VULLIEN : Maire de Dardilly depuis 1995 – Présidente de la Commission Voiries au Conseil général du Rhône de 2001 à 2008 – Vice-présidente du Grand Lyon en charge de la politique des déplacements depuis 2001 – Membre du Conseil Syndical du Syndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (SYTRAL) depuis 2001

Jean-Charles CASTEL : Chargé d’études puis directeur du département planification, prospective et transport à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise de 1991 à 2000 – Chef de groupe Observation urbaine au Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU)

Bruno CHARLES : Directeur de la maison rhodanienne de l’environnement de 2005 à 2008 – Vice-président du Grand Lyon chargé de la démarche prospective en matière énergétique et du pilotage et de l’animation des outils du développement durable (agenda 21, plan climat, plan éducation au développement durable, observatoire des changements écologiques) depuis 2008.

 

Concentrer l’urbanisation sur les secteurs desservis par les transports en commun ?

Michèle VULLIEN : Maire de Dardilly depuis 1995 – Présidente de la Commission Voiries au Conseil général du Rhône de 2001 à 2008 – Vice-présidente du Grand Lyon en charge de la politique des déplacements depuis 2001 – Membre du Conseil Syndical du Syndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (SYTRAL) depuis 2001

Patricia VARNAISON-REVOLLE : Chargé de projet au Sytral de 1989 à 1995 – Chargé d’études au Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) jusqu’en 2000 – Responsable du groupe politique de déplacement au Centre d’Etudes Techniques de Lyon jusqu’en 2006 – Chef du département déplacements durables du CERTU depuis 2006

Marie-Noëlle MILLE : Chargée d’études déplacements au sein de l’Atelier d’Urbanisme puis de l’agence d’urbanisme de la Communauté Urbaine de 1972 à 1994 – Chargée de mission au sein du groupe Aménagement-urbanisme du Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) depuis 1994

René WALDMANN : ingénieur d’arrondissement à la division des transports au service ordinaire des Ponts et Chaussées de Lyon de 1957 à 1967 - Directeur de la Société d’économie mixte du métropolitain de l’agglomération lyonnaise (SEMALY) de sa création en 1967 à 1990 – Inspecteur régional des transports sur Rhône-Alpes et Auvergne de 1990 à 1995.

 

Vers une ville plus dense ?

Jean-Charles CASTEL : Chargé d’études puis directeur du département planification, prospective et transport à l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise de 1991 à 2000 – Chef de groupe Observation urbaine au Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU)

Marie-Noëlle MILLE : Chargée d’études déplacements au sein de l’Atelier d’Urbanisme puis de l’agence d’urbanisme de la Communauté Urbaine de 1972 à 1994 – Chargée de mission au sein du groupe Aménagement-urbanisme du Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) depuis 1994

Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992.

 

Développer des polarités secondaires pour recréer de la proximité géographique ?

Jean-Claude QUEVREUX : entre à la Communauté Urbaine en 1978 – Responsable de la coordination des ZAC auprès de la Direction Générale des Services Techniques jusqu’en 1983 – Responsable du groupe opérationnel de Gerland jusqu’en 1990 – Urbaniste territorial en charge du secteur sud de l’agglomération jusqu’en 2009 – Responsable de la coordination du Pole Urbanisme Territorial