Vous êtes ici :

1970-1990, de la prise de conscience d’une menace environnementale globale à l’affirmation d’une nécessaire action locale


La question environnementale n’est pas nouvelle. Dès le 19ème siècle, des voix vont s’élever en Europe et aux Etats-Unis pour interroger l’impact de la révolution industrielle sur la nature. Pour autant, il faut attendre le tournant des années 1970 pour voir une première prise de conscience élargie de l’ampleur de la menace environnementale. 1972 apparait comme une année charnière avec la publication du rapport “Halte à la croissance” du Club de Rome et la tenue de la première conférence des nations unies sur l’environnement naturel de l’homme à Stockholm. Le premier va contribuer à casser deux mythes de l’époque moderne, celui de la richesse inépuisable de la nature et celui de sa faculté illimitée de régénération. La seconde va exprimer la nécessité d’allier les impératifs du développement socioéconomique et celles de la préservation de l’environnement. En écho à cette prise de conscience, la législation française relative à l’environnement va sensiblement évoluer avec la création en 1971 d’un premier ministère de la protection de la nature et de l’environnement et la promulgation d’une série de textes législatifs portant sur la préservation des milieux naturels.

A l’époque, si les villes apparaissent comme une cause des problèmes environnementaux, elles ne sont pas encore envisagées comme une piste de solution. Les politiques de l’environnement relèvent d’abord d’une logique de sauvegarde des milieux naturels face aux atteintes du « rouleau compresseur » de la croissance urbaine. Plus largement, malgré l’essor des travaux de recherche se réclamant de l’« écologie des systèmes urbains » durant les années 1970 et 1980, le lien entre le fonctionnement de la ville et les enjeux environnementaux globaux parait encore peu lisible. Il faudra attendre le tournant des années 1990 pour voir les villes prendre conscience du lien entre les enjeux locaux (qualité de vie, risques, patrimoine, etc.) et globaux (dégradation de la biodiversité, gaspillage des ressources, changement climatique, etc.) des rapports entre l’homme et l’environnement.

En 1987, la parution du rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (CMED), dit « rapport Brundtland », promeut la notion de développement durable comme un modèle de développement du répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Se faisant, il souligne également le « défi urbain » qui s’annonce pour le 21ème siècle : comment gérer l’urbanisation accélérée du monde ? En 1990, les nations unies organisent un « Congrès mondial des collectivités locales pour un avenir durable », qui aboutit finalement à la création de l’International Council for Local Environmental Initiative (ICLEI). L’une des premières taches importantes de cet organisme international, regroupant plusieurs centaines de collectivités, consistera à proposer d’inclure les collectivités locales dans les préoccupations de l’agenda 21 de Rio. En 1992, la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le développement qui se tient à Rio de Janeiro va non seulement contribuer à donner une audience mondiale au principe de développement durable mais également pointer le rôle fondamental qu’ont à jouer les collectivités locales dans son application concrète au travers de la mise en œuvre d’Agendas 21 locaux.

Yves VERILHAC : Directeur de la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRAPNA) de 1981 à 1991 – Conseiller en écologie urbaine auprès du président de la Communauté Urbaine de Lyon de 1991 à 1995 – Chargé de la création puis directeur du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche de 1996 à 2005 - Directeur de l’Atelier Technique des Espaces Naturels (ATEN)

Jean VILLIEN : Chargé d’études Environnement à l’Agence d’Urbanisme de Lyon de 1980 à 1990 – Directeur de la mission Écologie Urbaine de la Délégation Générale au Développement Urbain du Grand Lyon depuis 1990.

 

Torrey Canyon, Olympic Bravery, Boehlen, Amoco Cadiz,la multiplication des naufrages de pétroliers durant les années 1970 (41.39) minutes)

A voir sur www.ina.fr