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Une volonté qui s’affirme depuis les années 1980 : (re)donner à Lyon sa dimension internationale


A Lyon, les relations d’échanges avec l’extérieur du périmètre local sont d’abord un fait historique. Dès sa naissance en 49 avant J.C., Lyon présente une vocation de commandement à grand rayon spatial. Profitant des qualités de carrefour du confluent entre les vallées du Rhône et de la Saône, l’Empire Romain crée Lugdunum pour en faire la capitale commerciale, administrative et politique des Gaules. Depuis, l’histoire de Lyon montre une succession de périodes d’ouverture vers l’extérieur et de repli sur elle-même. Après l’effacement du moyen-âge, Lyon retrouve les avantages de son exceptionnelle position de carrefour à partir du 15ème siècle et jusqu’au 18ème siècle, avec l’arrivée de banquiers italiens apportant leurs puissants réseaux de relations, l’organisation de foires internationales ou encore l’essor de la soierie lyonnaise qui représentera le premier produit français à l’exportation devant les vins de Bordeaux entre 1860 et 1875. Ainsi, Fernand Braudel dira de Lyon qu’« elle ne trouve les conditions de son épanouissement que sur le plan international… elle dépend de logiques à très large rayon ».

Mais l’époque moderne et contemporaine verra les potentialités du carrefour lyonnais, et le goût du large qui l’anime, contrariés par le modèle d’organisation territorial centralisateur issu du royaume de France et prolongé jusqu’à aujourd’hui. Il faut attendre les années 1980 et la prise de conscience de la mondialisation de l’économie et de l’ancrage régional des politiques de l’Union Européenne pour que les conceptions politiques organisées sur une base étroitement nationale soient remises en question. Ce nouveau regard, adossé aux libertés nouvelles conférées par la décentralisation, vont trouver un écho important auprès des acteurs lyonnais. En 1982, un article de Jean Labasse, géographe-banquier lyonnais, indique que les logiques métropolitaines ne font qu’affleurer à Lyon. C’est surtout le lancement de l’élaboration du nouveau schéma directeur au milieu des années 1980 qui va permettre de diffuser l’idée que les politiques d’agglomération doivent désormais contribuer au développement des fonctions métropolitaine de l’agglomération avec l’ambition d’en faire une métropole européenne.

Ce projet correspond à un renouvellement de la vision de la ville et de sa capacité à s’insérer dans des espaces de plus en plus élargis. A l’heure du « développement local », l’ouverture internationale va s’imposer comme un levier d’action stratégique permettant à l’agglomération de se valoriser (rayonnement) et de se renforcer (attractivité).

L’appel du large dans les années 1980

Marc BONNEVILLE : ancien directeur de l’Institut d’Urbanisme de l’Université Lyon 2 de 1991 à 2005 – auteur de l’ouvrage « Lyon, Métropole régionale ou eurocité ? » – Membre du Conseil de Développement de Saint-Etienne Métropole depuis 2006

Henry CHABERT : Conseiller municipal de Lyon et conseiller communautaire de 1983 à 1989 en charge du développement social des quartiers – Adjoint au maire de Lyon et vice-président à la Communauté Urbaine en charge de l’aménagement et du développement urbain de 1989 à 2001 – Président de l’agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise de 1995 à 2001

Michel RIVOIRE : Ingénieur-Urbaniste de l’Etat de 1971 à 1981 (Centre d’Etudes Techniques de l’Etat de l’Isle d’Abeau, Service d’études et d’aménagement de la montagne à Chambéry, direction de l’équipement de l’Ain, Service de l’urbanisme à Paris) – Responsable des opérations d’urbanisme (régie directe et opérations conventionnées) à la Communauté Urbaine de Lyon de 1981 à 1984 – Directeur du Département Développement de 1984 à 1989 – crée et prend la direction de l’Agence régionale d’aménagement et de développement (TRACES) du Conseil Régional Rhône-Alpes de 1989 à 1994 – crée et prend la direction du GIP Transalpes chargé des premières études du TGV Lyon-Turin de 1994 à 2001 – Directeur du technopôle Savoie-Technolac de Chambéry de 2001 à 2002

Qu’est-ce qu’être une ville internationale ?

Michel NOIR : Conseiller municipal de Lyon de 1977 à 1983 – Adjoint au maire de Lyon et vice-président de la Communauté Urbaine en charge des affaires économiques de 1983 à 1989 – Maire de Lyon et président de la Communauté Urbaine de 1989 à 1995

Marc BONNEVILLE : ancien directeur de l’Institut d’Urbanisme de l’Université Lyon 2 de 1991 à 2005 – auteur de l’ouvrage « Lyon, Métropole régionale ou eurocité ? » – Membre du Conseil de Développement de Saint-Etienne Métropole depuis 2006

L’internationalisation de Lyon au début du 21ème siècle

Christophe CIZERON : Consultant au sein du Cabinet Algoé (en charge de l’accompagnement de la démarche Schéma de Développement Economique piloté par l’agence d’urbanisme de Lyon) de 1994 à 2002 - Conseiller technique en charge du développement économique, des relations internationales, de l’enseignement supérieur et de la recherche au cabinet du président du Grand Lyon de 2002 à 2004 – Directeur de cabinet du président du Grand Lyon de 2004 à 2009