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L'Histoire des logos du grand Lyon


Interview de Jean-Claude PARMELAND

L’objectif était de créer cette synergie, cette cohérence entre le logo de la Ville de Lyon et celui du Grand Lyon, en particulier par les couleurs

Interview de Jean-Claude Parmeland, directeur artistique, est l’auteur du premier logo du « Grand Lyon », qui, de 1992 à 2002 va participer à la nouvelle image de l’établissement public. 
Propos recueillis dans le cadre du projet de commémoration des 40 ans de la Communauté urbaine de Lyon : 40 ans du Grand Lyon, un récit à partager
Après avoir été créée comme une communauté  de moyens il y a 40 ans de cela, sous l’impulsion de l’État, le Grand Lyon constitue aujourd’hui une communauté de projets autonome, reconnue pour son efficacité dans la gestion d’un territoire qui regroupe 57 communes et plus de 1,3 millions d'habitants. Cette collectivité reste en devenir et l’enjeu est désormais de constituer une véritable communauté de destin, inscrite dans le grand bassin de vie de l'agglomération qui regroupe plus de 2 millions d'habitants. La Direction Prospective et Stratégie d’Agglomération du Grand Lyon a engagé un travail de fond visant à écrire une première histoire de l’institution. Cette interview constitue l’un des éléments de cette histoire, mémoire encore vivante de l’agglomération.

Les noms que se donne la Communauté urbaine de Lyon, depuis sa création en 1969 jusqu’à aujourd’hui, sont en effet de bons révélateurs de la manière dont elle conçoit son rôle et ses missions. Le sigle COURLY, adopté en 1971, exprime bien l’identité technique d’un établissement qui se préoccupe peu à ses débuts de communication. Mais lorsque débute en juin 1989 le mandat de Michel Noir, sous le signe du rayonnement international et que se renforce le pouvoir d’agglomération, il est manifeste que ce nom n’est plus en phase avec ce que souhaite devenir la communauté urbaine. Michel Noir impose donc avec succès le nom « Grand Lyon ». Mais il faut aussi une identité visuelle. Nous avons donc interrogé J.-C. Parmeland sur la signification qu’il cherchait à transmettre dans le logo (adopté par les élus communautaires en mai 1992) et le contexte de cette réalisation.

Comment la commande du logo vous a-t-elle été passée ?
Quand Michel Noir a été élu Maire de Lyon en 1989, nous sortions d’une mairie plutôt conservatrice. M. Noir avait fondé quelque temps avant le mouvement politique des « rénovateurs » pour que les "choses" bougent en France. De concert avec Bernard Billière, patron de la filiale lyonnaise du groupe RSCG, qu’il avait recruté à la mairie comme directeur de la communication, Michel Noir a tout de suite voulu marquer une différence. Le blason de la Ville de Lyon datait du 19ème siècle. Le nouveau logo que j’ai réalisé devait exprimer cette impulsion, montrer qu’il y avait une nouvelle dynamique à Lyon. Le dessin, déstructuré, représentait la façade de l’Hôtel de Ville, rapidement évoqué à coups de crayon très vifs rehaussés de bleu, de jaune et de rouge. Ces couleurs avaient pour intention d’évoquer un axe d’orientation tourné vers l’autre grande métropole du sud : Barcelone. Je note que l’actuel Maire de Lyon a souvent évoqué un axe de coopération entre Lyon et Barcelone.

Le logo de ce que l’on appelle depuis 1991 « Grand Lyon » a donc été créé dans la foulée de celui de Lyon ?
Effectivement, 4 à 6 mois après avoir réalisé le logo de la Ville de Lyon, Bernard Billière m’a expliqué ce que serait le Grand Lyon, son développement, l’objectif de devenir une « eurocité » ou métropole européenne, qui ne pouvait se faire qu’à l’échelle de l’agglomération… J’ai donc travaillé pour que le logo du Grand Lyon puisse « travailler » en cohérence avec celui de la mairie.

Les quatre couleurs du logo du Grand Lyon, jaune, bleu, rouge et vert, avaient-elles une signification ?
Dans l’élaboration de la mission qui m’était confiée, je m’étais imposé, dans l’un des axes, de superposer la typographie et la topographie lyonnaise. L’arc jaune du « L » pour la colline de Fourvière et l’Ouest lyonnais, puis le « Y » du confluent, forcément en bleu. J’avais trouvé intéressant de montrer le confluent, car c’est un particularisme de Lyon. Ensuite, le « O » rouge pour le cœur de Lyon …

Dans un article de Côté Cour Côté Jardin (publication interne à la communauté urbaine de Lyon) du début des années 1990, il est indiqué que le rouge symbolise la révolte des Canuts. Mais d’autres commentaires y voient plutôt une référence aux toits de Lyon ?
Chacun peut initier sa propre lecture ! Néanmoins, ce n’est rien de tout ça. En tant que concepteur, je voulais dans ce rouge, distinguer le cœur de Lyon. Plus globalement, l’objectif était de créer cette synergie, cette cohérence entre le logo de la Ville de Lyon et celui du Grand Lyon, en particulier par les couleurs. Le jaune, bleu, rouge sont déjà présents dans le logo de la ville de Lyon.

Et la couleur verte du « N » ?
Bernard Billière m’avait également demandé de signifier l’extension de l’agglomération vers l’est. J’ai donc proposé le « N » en vert, dans une facture dynamique.

Mais quand on n’est pas Lyonnais, coment savoir qu’il y a un confluent à Lyon, et que c’est la topographie lyonnaise qui est représentée dans le logo, et pas seulement le nom « LYON » ?
Ce logo était avant tout destiné aux habitants de l’agglomération lyonnaise. En tout cas, il est certain qu’aujourd’hui je ne ferais plus ce logo, car les codes ont changé. Le logo était, à l’époque bien inscrit dans l’air du temps. Raymond Barre l’a gardé durant sa mandature, de 1995 à 2001.

Que pensez-vous du logo adopté par la communauté urbaine de Lyon depuis 2003, où le nom « Grand Lyon » est simplement écrit en majuscule, en rouge et noir ?
C’est une écriture complètement actuelle que je respecte, avec ses qualités et cependant ses défauts… C’est un peu froid, très administratif. Je regrette les premières ébauches entrevues dans la presse, avec une spirale sous forme de coquillage. Pourquoi en est-on arrivé à une typographie sans image ? Je constate aussi que l’harmonie n’existe plus entre les logos du Grand Lyon et de la Ville de Lyon, d’autant que ce dernier a été refait en 2001 par Jean-Marc Requien. Néanmoins, l’existence  de logos complètement différents facilite sans doute leur « cohabitation », sur un document imprimé par exemple, en éliminant tout risque de confusion entre les entités qu’ils représentent.